Les ateliers de production et la main d’œuvre

Le tissage est l’un des métiers les plus productifs dans la province de Chefchaouen. Il permet d’embaucher une main d’œuvre assez importante. Dans le passé, ce métier était florissant vu la demande croissante au marché aussi bien au niveau local, national et international. Selon les artisans, la ville de Chefchaouen comptait en ce temps – là plus de 200 ateliers (DRAZ) réservés au métier de tissage, en plus des actifs, femmes et hommes, qui pratiquaient le tissage chez eux notamment dans les quartiers de l’ancienne ville.

Les ateliers de tissage sont implantés surtout dans la médina, et les artisans sont en majorité des gens âgés car les jeunes ne sont généralement pas motivés pour ce type de métier.

Cependant, ce métier, vers les années 60 et 70, était considéré comme étant le plus rentable et la preuve en est le nombre de « mramate » qui atteignait les 700 et dont le fonctionnement de l’une d’elle nécessite trois personnes.

Aujourd’hui, un nouvel intérêt semble se manifester pour cette activité traditionnelle de tissage, et cela pour plusieurs raisons :

  • La restauration et l’élargissement du complexe de l’artisanat traditionnel,
  • La création de plusieurs branches relatives au métier de tissage au sein de certaines associations civiles telles que : l’association Tallassemtane, l’organisation alaouite pour la protection des personnes à besoins spécifiques, l’association de l’amitié, l’association Al youssoufia.

La JELLABA :

vient au second rang après la ceinture dans le travail de l’artisanat à Chefchaouen. Il y a 23 mramat à Chefchaouen spécialisées dans la fabrication de ses tissus. La djellaba de chefchaouen est de renommée nationale puisqu’elle est fabriquée avec des produits préparés à la manière traditionnelle. On en trouve de toutes sortes : la djellaba Talbiya, ouehraniya sombre, grise, mharbel, mzeglel…)

EL MENDIL :

La production de ce produit artisanal El Mendil occupe le troisième rang dans les activités des artisans de la ville de Chefchaouen. C’est un article accessoire en laine, en coton ou en soie utilisé par les femmes et commercialisé à Chefchaouen et dans les marchés des villages environnants.

LA BRODERIE:

La broderie représente l’art féminin par excellence dans la culture artisanale traditionnelle de la ville de Chefchaouen, notamment par le moyen de la soie végétale. Ces artistes féminins parviennent à créer des formes et des modèles de couvertures, écharpes et accessoires des djellabas féminines et des caftans extrêmement esthétiques.

Les ceintures (kourzia)

Ce produit artisanal est généralement commercialisé dans les villages proches de Chefchaouen parce que la ceinture caractérise l’habillement des villageoises et constitue un héritage culturel des générations précédentes dans la région.

Il faut signaler que les “mramates” réservées à la production de ce type d’articles sont les plus nombreuses et comptent une trentaine. L’artisan peut produire quotidiennement jusqu’à cinq mètres alors que la moyenne quotidienne de production générale de ces artisans avoisine les 145 mètres

LES TAPIS

Chefchaouen abrite une coopérative de tapisserie en plus des ateliers travaillant dans le domaine. Le tapis chaouni se caractérise par l’utilisation de la laine pure sans recours aux produits colorants et de ce fait les quatre couleurs utilisées sont : le gris, le blanc, le noir et le marron.

DIFFERENTS STYLES DE COUVERTURES ET DE DESIGNS

Le tissage des couvertures se place au quatrième rang dans la collection des articles artisanaux avec 14 « mramate » réservées à ce type de production. Aujourd’hui, les artisans ont excellé dans la fabrication de ces articles en produisant des couvertures pour soupières, pour ampoules, pour oreillers avec des designs et des styles artistiques extrêmement subtiles et raffinés qui attestent de la créativité de l’artisan traditionnel chefchaouni.